Les étapes de la gestion de projet

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Les étapes de la gestion de projet

Cours - Gestion de projet

Cours - Gestion de projet

  • Identifier les différentes étapes de la gestion de projet.
  • Identifier les outils utiles à chaque étape.
  • Mener un projet de A à Z.

Avant le projetL'analyse stratégique

L’analyse stratégique est souvent la première étape du projet, et aide à la définition même de l’idée du projet. 

Etape 1Identifier les enjeux

La mise en place d’un projet et les changements qui vont avec entraînent des conséquences sur l’environnement dans lequel le projet a lieu. Parallèlement, la réussite du projet est soumise à des aléas et des facteurs clés de succès identifiables.

La première étape de l’analyse stratégique consiste donc à se poser les bonnes questions. A titre d’illustration, nous utiliserons l’exemple de la construction de la Nouvelle Route du Littoral à la Réunion.

Quels sont les impacts du projet sur son environnement ?

Les accidents dus à des chutes de pierre constituent un danger pour les milliers de personnes qui empruntent quotidiennement la route actuelle.

La NRL constitue donc ici un enjeu de sécurité.

Source : IPREUNION

Le basculement de la route actuelle sur un nombre restreint de voies entraîne régulièrement des embouteillages importants.

La NRL constitue ensuite un enjeu de fluidification du trafic.

Source : Site officiel de la NRL

Le projet de route, construite sur l’océan, pose la questions des impacts sur les milieux naturels.

Il s’agit ici d’un enjeu environnemental.

Source : Site officiel de la NRL

La construction de la route demande des compétences, une main d’oeuvre et des équipements nombreux.

L’enjeu est aussi économique, pour les entreprises et les demandeurs d’emploi.

Quels sont les aléas qui peuvent impacter le projet ?

De manière absolument pas exhaustive :

  • Conditions météorologiques qui peuvent retarder le chantier.
  • Mouvements de grève. 

Quels sont les facteurs clés de réussite du projet ?

Là encore, de manière non exhaustive :

  • L’approvisionnement en matières premières nécessaires à la construction de la route.
  • L’accès aux fonds nécessaires pour continuer le projet, après dépassement du budget initialement prévu.
  • Le respect des différentes règles administratives, environnementales, etc.

Etape 2Identifier les parties prenantes et leur pouvoir

Quand les enjeux sont définis, on a déjà une première idée des acteurs autour du projet. Il est cependant important de les identifier avec précision.

Les questions à se poser sont alors :

Sont-ils pour, contre, ou neutres vis à vis du projet ?

Et à quel degré ? Plutôt contre, ou foncièrement contre ?

Qu’ils aient une opinion positive ou négative sur le projet, il est important de se poser la question du pouvoir qu’ils peuvent avoir sur le projet.

Ce pouvoir peut par exemple s’évaluer en fonction :

  • De leur pouvoir administratif ou légal. C’est le pouvoir des instances publiques par exemple.
  • De leur audience : les journalistes, célébrités ou influenceurs peuvent communiquer des messages qui sont amplifiés, car communiqués à une audience large.
  • De leur hiérarchie et pouvoir décisionnel. Les projets à l’intérieur d’une entreprise, par exemple de digitalisation, peuvent être bloqués par un management peu enclin au changement.
  • De leur pouvoir de blocage. Exemple : les sous-traitants sur un chantier, qui font grève.

On peut pour cela utiliser la carte des partenaires, selon Jean Christian FAUVET.

Cette matrice permet de schématiser les différentes parties prenantes autour d’un projet, en les visualisant en fonction de leur degré :

  • de synergie (le fait d’avoir des opinions en faveur du projet)
  • d’antagonisme (le fait d’être contre le projet)

Explication des chiffres sur les deux axes de la matrice :

+1 : agit peu et obéit passivement.

+2 : est intéressé, et manifeste son intérêt.

+3 : coopère, et prend des initiatives. 

+4 : est engagé, militant.

-1 : agit peu, et obéit passivement.

-2 : n’est pas d’accord, et le fait savoir.

-3 : agit dans la lignée de son opposition, mais peut se rallier sous la contrainte.

-4 : est engagé, militant, et ne changera jamais de bord.

Explication des différents catégories d’acteurs selon M. FAUVET :

Les soutiens les plus forts, inconditionnels.

Ont un intérêt fort pour le projet, mais voudront négocier, pour faire valoir leur intérêt.

Ils ont des arguments forts, à la fois en faveur et contre le projet.

Ils ont des arguments en faveur ou contre le projet mais :

  • leur opinion est moins tranchée que celle des alignés ou des irréductibles.
  • leurs arguments sont moins forts.

De ce fait, ils sont plus à même de changer d’opinion.

Souvent nombreuses, les personnes passives peuvent l’être pour plusieurs raisons :

  • Le projet ne les intéresse pas.
  • Ils pensent que le projet ne les concerne/implique pas.
  • Ils pensent qu’ils n’ont pas leur mot à dire.

Sont contre le projet, mais parfois pour des raisons peu justifiées.

Ils ne seront jamais d’accord avec le projet, et s’inscrivent dans une démarche d’antagonisme systématique.

En reprenant l’exemple de la NRL :

Types de partenairesActeurs
AlignésLes personnes qui empruntent chaque route l’ancienne route, qui sont heureuses de l’arrivée d’une alternative aux dangers et aux embouteillages liés à l’ancienne route.
Le parti politique de la mandature à l’origine du projet.
IrréductiblesLes personnes en faveur d’un autre projet.
Les personnes qui habitent à proximité des carrières où doivent être extraites les matières premières.
Les personnes qui sont convaincues que ce projet n’est pas conciliable avec la préservation des milieux naturels.
L’opposition politique.
ConcertatifsLes entreprises choisies pour réaliser le projet.
HésitantsLes personnes qui voient l’utilité de cette route, mais qui ont peur de l’emprunter, car elle est construite sur l’eau.
Les personnes qui voient l’utilité de cette route, mais qui critiquent son coût.
OpposantsLes entreprises qui auraient voulu être sélectionnées pour travailler sur le chantier.
Les personnes qui critiquent pour critiquer.
DéchirésLes personnes engagés en faveur de la protection de l’environnement, et qui gagneraient en confort de vie avec cette nouvelle route.
PassifsLes touristes.
Certaines personnes qui n’ont pas de voiture.
Certaines personnes âgées qui ne se déplacent pas autant qu’avant.

Etape 3Mettre en place un plan d'action

Maintenant que les enjeux et acteurs sont définis, il est temps de définir des actions qui vont permettre de :

  • capitaliser sur les différents soutiens.
  • chercher à rallier ceux qui peuvent l’être.
  • minimiser la portée des messages communiqués par les irréductibles.

Le plan d’action variera en fonction du projet, mais on peut penser aux éléments suivants :

Un certain nombre de personnes “plutôt contres” pourront plus facilement changer d’avis si le message vient de personnes qu’elles apprécient.

Dans la continuité du point précédent, le recours à des experts reconnus, idéalement indépendants, pourra faire pencher la balance.

Les experts en question pourront par exemple mener des tests, ou délivrer une certification.

Cet argumentaire pourra se concentrer  sur les bienfaits objectifs du projet, appuyés par ailleurs par des rapports d’experts ou certifications.